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À quoi ressemblait vraiment la formation des Cadets de l’aviation ? Le récit d’un homme de la Class 61-E qui l’a vécue
Quinze mois d’une exigence extrême. Errol Severe est sorti diplômé de Vance Air Force Base en 1961 et, depuis, il raconte les choses telles qu’elles étaient.

Le programme des Cadets de l’aviation transformait des civils en pilotes militaires, navigateurs et bombardiers. Pour cela, il faisait passer des hommes descendus du train sans grade ni expérience de vol par un cursus conçu pour repérer très tôt leur point de rupture. Errol D. Severe l’a suivi jusqu’au bout et a obtenu son diplôme.
“J’enseigne bien comment les choses se passaient : après tout, j’y étais.”
Errol D. Severe, Class 61-E
Quinze mois à Vance
Errol est sorti diplômé du programme de formation des pilotes Cadets de l’aviation de l’USAF à Vance Air Force Base en 1961, au sein de la Class 61-E : quinze mois d’une exigence extrême. Il a piloté des avions ravitailleurs KC-97 en service actif, a été embauché par Delta Airlines en 1963, puis a pris sa retraite en 1985. Cela mérite qu’on s’y arrête : le programme était si difficile que le mener à bien constituait à lui seul une qualification, et les compagnies aériennes le savaient.
Le cursus raconté par les propres photographies du musée

Formation primaire, formation de base, puis passage à l’avion. En parallèle, il y avait toujours les cours au sol — navigation, météo, moteurs, procédures — car un cadet capable de voler mais pas de réfléchir n’était utile à personne. La discipline était constante et délibérée, et l’élimination en cours de formation était chose courante, nullement honteuse.
Puis vint le prix à payer
L’une des pièces les plus silencieuses du musée est la cantine du Cadet de l’aviation Robert E. Bialas, laissée exactement telle qu’elle était le jour où il a trouvé la mort aux commandes d’un AT-6D pendant sa formation primaire au pilotage, en 1960. Elle se trouve à côté du casque d’un pilote de P-12. Nul besoin de légende pour comprendre ce que le programme exigeait de ces hommes.

Apprendre à voler sans voir, dans une boîte bleue
Le vol aux instruments s’apprenait d’abord au sol, dans le Link Instrument Trainer — la « boîte bleue » —, un appareil qui s’inclinait et tournait sur le sol de l’atelier tandis que le cadet installé à l’intérieur pilotait uniquement aux instruments. Le Link Instrument Trainer du musée est exposé avec la table traçante ouverte, ce qui permet d’en voir le mécanisme intérieur.
La fin du programme
« Les Cadets navigants/Cadets de l’aviation entrent dans l’histoire », peut-on lire sur l’un des panneaux. Errol leur a consacré un livre — « Les derniers d’une lignée » — et a organisé en 1997, à Kelly Air Force Base, la première réunion des Cadets de l’aviation, qui a rassemblé 1,000 personnes. En 1994, avec son épouse Beth, il a construit Aviation Cadet World dans les collines des Ozarks, afin que le programme ait un lieu où son souvenir puisse vivre et être raconté.
“Ce ne sera pas un musée figé, mais une expérience vivante — un lieu où chaque homme, chaque femme et chaque enfant pourra remonter le temps jusqu’aux jours de gloire du Corps des Cadets.”
Errol D. Severe, 1994
En saison, il assure encore lui-même chaque présentation, à 3:00 PM. Si vous voulez entendre de première main l’histoire de cette formation, c’est là qu’il faut aller.